Brown-out : quand le travail perd tout son sens !

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Deux chercheurs britannique et suédois viennent de théoriser une nouvelle pathologie du monde du travail : le brown-out !

Après le burn-out, symbolisant l’excès de travail jusqu’à l’épuisement, et le bore-out, l’ennui permanent au travail, le brown-out (signifiant littéralement « baisse de courant« ), est vécu par une personne qui ne comprend pas ou plus son travail, qui trouve que son travail n’a aucun sens ou aucune utilité ou qui effectue des tâches dont elle ne comprend plus la valeur.

Il vise particulièrement : ressources humaines, management, conseil, finance et une grande partie des emplois de bureau.

Ce phénomène s’est intensifié d’année en année et commence à faire parler de lui.

Le sociologue Emile Durkheim avait prédit que la perte de normes et de repères serait le prochain mal du siècle. En 2013, l’anthropologue américain David Graeber expliquait dans sa tribune, sa théorie sur l’invention de rôles et produits de métiers inutiles, suite aux progrès technologiques. En mars 2016, Marc Estat, ancien dirigeant d’une multinationale, faisait un témoignage édifiant dans son livre « Néantreprise, dans votre bureau, personne ne vous entend crier », parlant de son quotidien absurde passé à des tâches inutiles voire contre-productives, des réunions sans intérêt dans lesquelles on parle un jargon standardisé (en switchant en anglais en permanence) pour masquer le néant.

Nadia Droz, psychologue spécialisée dans le burn-out à Lausanne, qualifie le brown-out de « démission intérieure« . Pour elle, « le travail n’est plus dans une culture de la valorisation mais de la performance avec une multiplication de tâches très découpées qui rend le coeur de son travail invisible, ce qui aboutit à un sentiment d’inutilité ».

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